Retraite libérale : ce que verseront vraiment vos caisses, et comment compléter

Les professions de santé libérales cotisent beaucoup et touchent peu : c'est la conséquence mécanique de régimes calibrés sur des logiques de solidarité, pas de remplacement du revenu. Voici les ordres de grandeur réels, et la méthode pour construire le complément.

Combien touchent réellement les libéraux de santé à la retraite ?

Après une carrière complète, la pension moyenne toutes composantes confondues s'établit autour de 1 100 €/mois à la CARPIMKO (kinésithérapeutes, infirmiers, orthophonistes, pédicures-podologues…) et de l'ordre de 2 800 €/mois à la CARMF pour les médecins libéraux. Pour un praticien habitué à 5 000, 8 000 ou 12 000 € de revenu mensuel, le taux de remplacement tombe fréquemment sous les 30 %.

Pourquoi si peu, alors que les cotisations sont lourdes ?

Chaque caisse empile trois régimes, base (commun à tous les libéraux via la CNAVPL), complémentaire propre à la caisse, et avantage social vieillesse (ASV) pour les conventionnés. Les cotisations sont réelles, mais les rendements des points et les plafonds d'assiette limitent structurellement la pension servie. Ce n'est pas un dysfonctionnement : c'est l'architecture du système, et elle ne changera pas en votre faveur.

Le troisième pilier n'est pas une option

Entre la pension de la caisse et le niveau de vie souhaité, l'écart ne se comble que par la capitalisation individuelle. Deux enveloppes se partagent le travail :

  • Le PER, moteur fiscal. En tant que TNS, votre plafond de déduction atteint 10 % du bénéfice (plafonné à 8 PASS) + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, jusqu'à 88 911 € en 2026. Chaque versement réduit le bénéfice imposable aujourd'hui et se transforme en capital ou en rente à la retraite.
  • L'assurance-vie, moteur de souplesse. Disponible à tout moment (projet de cabinet, imprévu, transmission), fiscalité adoucie après 8 ans, abattement annuel de 4 600/9 200 € sur les gains retirés.

La méthode en pratique

  • Chiffrer l'objectif : revenu souhaité à la retraite, moins la pension estimée de la caisse (votre relevé de situation individuelle sur info-retraite.fr donne la base).
  • Calibrer l'effort mensuel : les intérêts composés font l'essentiel du travail si l'on commence tôt, 1 000 €/mois placés à 4 % pendant 25 ans dépassent 510 000 €.
  • Répartir PER/assurance-vie selon la TMI : plus elle est élevée, plus la part PER se justifie ; l'assurance-vie absorbe le reste et garde la main sur la liquidité.
  • Réviser chaque année : bénéfice variable = plafond PER variable ; les années fastes sont celles où la déduction rapporte le plus.

Passez de la théorie à vos chiffres

Le simulateur PER calcule votre déduction TNS (jusqu'à 88 911 € en 2026), votre économie d'impôt et votre capital projeté à la retraite.

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À propos de l'auteur

Romain Combes Casanova, conseiller en gestion de patrimoine, mandataire d'intermédiaire en assurance (courtier mandant immatriculé ORIAS n° 18000404). J'accompagne les freelances tech, les professions de santé libérales et les indépendants dans leur stratégie fiscale, retraite et prévoyance. Découvrir ma méthode.